Les autorités circonspectes après la tentative d'incendie d'une mosquée en Haute-Savoie
GRENOBLE (AFP) -
Les autorités locales et religieuses se montraient circonspectes mercredi (01/09/2004) après la tentative non revendiquée d'incendie d'une mosquée à Annemasse (Haute-Savoie), dans la nuit de mardi à mercredi, alors que la police a ouvert une enquête pour en retrouver le ou les auteurs.
Le début d'incendie a été provoqué par un feu de poubelle, vers 4h30, devant la porte en bois exotique qui a brûlé, mais les pompiers rapidement alertés ont vite éteint les flammes, évitant que l'incendie ne se propage dans le Centre culturel musulman d'Annemasse (CCMA), situé dans une villa d'Ambilly, la banlieue proche d'Annemasse.
Plusieurs croix gammées, quelques sigles "SS" et le chiffre "satanique 88", ont été maladroitement gravés sur le panneau du CCMA qui abrite une salle de prière d'environ 300 m2 dans laquelle se réunissent, pour les fêtes, jusqu'à 1.400 fidèles.
Des policiers ont effectué des prélèvements dans les résidus calcinés de la poubelle où avaient été mis un banc et deux chaises en plastique, et les ont transmis à un laboratoire d'analyses lyonnais. Les flammes sont montées à plus de 4 mètres de haut et le mur extérieur a été noirci ainsi que le hall.
"C'est un acte grave mais il ne faut pas lui donner trop d'importance" a déclaré au téléphone le président du CCMA, qui gère la mosquée. "Est-ce le contexte mondial ?, On ne sait pas, l'enquête est menée par la police, il est trop tôt pour dire quoi que ce soit. Il y a aussi deux vies en jeu." a-t-il poursuivi en faisant référence aux journalistes français retenus en otage en Irak.
"Il ne faut pas donner un prétexte (la tentative d'incendie ndlr), pour dire qu'on brûle les mosquées en France; cela peut-être un acte isolé. On ne sait pas du tout", a ajouté le président du CCMA.
L'association n'a pas reçu de menaces.
Le maire d'Ambilly Jean-Michel Dure, joint par téléphone, a estimé qu'il s'agissait "d'un fait divers". "Il y a le problème très grave des deux otages français qui me touche beaucoup, mais je ne relie pas cela à un feu de poubelle. On a déjà eu d'autres poubelles incendiées dans la ville", a-t-il conclu.
En mars dernier, la salle de prière de Seynod (Haute-Savoie) avait été entièrement dévastée par un incendie volontaire. Un peu plus tard, c'est la chaufferie de la mosquée d'Annecy qui avait également été endommagée par un incendie. Le ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy s'était rendu sur place et environ 250 personnes avait participé à un rassemblement silencieux.





